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Quand nos enfants ne transmettent pas la foi. Témoignages de grands-parents

 
Quand la chaine de transmission de la foi est fragilisée, les grands-parents restent des témoins précieux. Trois familles nous partagent leur témoignage.

« Amandine n’est pas baptisée », témoignage de Martine


Amandine n’est pas baptisée, mais ses mots d’enfant révèlent combien la foi de ses grands-parents la touche. Martine Becker témoigne d’une transmission discrète, par la vie de tous les jours.

Notre famille

Je suis mariée à Gabriel. Nous habitons à 30 km de Metz dans un village de 110 habitants, à côté de Boulay.

Dans la famille de notre fils, on dit la prière en famille.  Dans celle de notre fille, la cadette d’une fratrie de deux, Amandine, n’est pas baptisée. Son papa est athée et sa maman, épuisée après un accouchement difficile, ne s’est pas battue.

« Il est mort Jésus ? C’était l’ami de Grand-Mère ! »

Je ne parle pas spontanément de ma Foi. Ne voulant pas court-circuiter les parents. Il faut se tenir prêt, être vigilant et attendre que les petits-enfants posent des questions et prêter attention aux remarques d’Amandine, notre petite-fille non baptisée, à sa maman : « Il est mort, Jésus ? C’était l’ami de Grand-Mère ! » ou encore « Grand-Mère ne répond pas au téléphone ? Elle doit être à l’église ! » 

Les petits-enfants nous regardent vivre. Ils voient dans notre maison des signes religieux comme le bénitier près de la chambre, le pain que l’on bénit en début de repas, la croix au mur avec du buis… Pour notre gendre non croyant, cela ne pose pas de problème,  « Cela fait partie de la culture générale ». Et pour notre belle-fille : « Heureusement que les grand-mères sont là ! »

Nous n’emmenons pas nos petits-enfants à la messe sauf pour les fêtes.  C’est trop long et ils n’ont pas les codes. Mais on va avec eux fleurir la chapelle de notre petit village. Nous disons le bénédicité à l’aide d’un dé. Sur chaque face, un bénédicité est proposé.

Nos petits-enfants aînés, élevés dans la Foi, donnent le tempo. À Noël, nous organisons une crèche vivante avec chants et musique et nous cuisinons aussi des gâteaux sablés traditionnels.

Nos deux règles d’or

  • Écouter ce qui se dit sans juger
  • Prier et faire confiance à l’Esprit Saint

« Transmettre ce qui nous habite », témoignage d’Isabelle 

Isabelle et Patrick ARL témoignent de leur mission de grands-parents : respecter la liberté de leurs enfants tout en transmettant, avec joie et simplicité, la foi à leurs petites-filles.

Notre famille

Nous vivons à Creutzwald en Moselle, frontalier avec l’Allemagne et le Luxembourg. Je suis chargée de l’accompagnement des prêtres âgés dans leurs résidences. Patrick, mineur de fond, a été retraité à l’âge de 43 ans et diacre depuis 25 ans. 

Nous avons 2 enfants, Steve (44 ans) et Emmanuelle (41 ans), maman de Manon, 13 ans et Marylou, 9 ans.

Je ne m’inquiète pas pour la foi de mes enfants

Nos enfants ont pris leurs distances avec l’Église pendant leurs études. Ma fille n’a ni le temps ni l’envie de s’occuper de sa foi. Mon fils, lui, se pose des questions sur l’existence de Dieu.

Je ne m’inquiète pas pour la foi de mes enfants. Là où il y a de l’amour, il y a Dieu. Je garde dans mon esprit le Bon Larron. Chacun son rythme. J’accompagne des personnes en soin palliatif et quelquefois, au dernier moment, il y a quelque chose qui s’ouvre. On peut se sentir impuissants, mais Dieu nous laisse libres ; à nous aussi de leur laisser leur liberté.

Accompagner nos petits-enfants dans la foi

Nos petites-filles ont été baptisées, mais Emmanuelle et son conjoint nous laissent la mission de transmission de la foi. Cela nous a permis, en toute liberté, de transmettre ce qui nous habitait mon époux et moi. Les filles sont heureuses de partager cette foi et elles le traduisent également, en se mettant au service, au sein de nos diverses missions.

À la maison, elles nous voient prier les laudes, les vêpres et le chapelet. Le soir, on se bénit mutuellement avant d’aller se coucher. Lors de vacances en Forêt Noire, Manon allait spontanément le matin faire ses prières avec son Papy pendant que je préparais le petit-déjeuner.

C’est avec une série de vidéos sur Jésus, qu’elles ont approfondi leur connaissance sur la vie de Jésus, puis elles ont été catéchisées à l’école.  Les enfants nous voient faire et nous imitent. Patrick témoigne aussi de sa foi par ses actes de service au quotidien et nos petites-filles le voient. Aujourd’hui, en 4ème dans un collège privé, Manon est heureuse de la messe à l’école et aime passer à la chapelle avant les cours.

Nous rendons grâce de pouvoir partager cette foi qui nous fait vivre avec nos petites-filles.

« Peut-on parler de Jésus à nos petites-filles ? » Témoignage de Jean-Claude et Blandine

Respectueux du souhait des parents de ne pas baptiser leurs filles, Jean-Claude et Blandine Hayotte ont choisi de transmettre simplement. 

À la naissance de Clémentine et de Juliette, nous avons demandé aux parents si elles seraient baptisées.

Notre gendre s’est aussitôt insurgé, argumentant qu’il voulait laisser le choix à ses filles, considérant l’éventail des possibilités que laissent les différentes religions et autres croyances… Notre fille ne voulait pas prendre parti, ce que nous avons aussi respecté.

Aussi, j’ai posé une simple question :  « Pour faire un choix, il faut des éléments à comparer. Pouvais-je parler de Jésus et de Marie aux filles ? »  La réponse de notre gendre fut :« Vous pouvez leur raconter toutes les histoires que vous voulez, mais ce sont elles qui choisiront ».

Je me suis donc attachée à faire de la catéchèse pour les tout-petits. Voyant qu’elles étaient très intéressées, j’ai continué en les emmenant à la messe de temps en temps (toujours avec l’assentiment de notre gendre).

Il existe tant de livres pour enfants de tous âges ! Par leurs illustrations et leurs différents thèmes, ils font de ces moments d’apprentissage des moments de plaisir et de détente. J’intégrais aussi les prières de référence, signe de la Croix, Notre Père et Je vous salue Marie.

L’Esprit Saint nous a accompagnés puisque, chacune à leur tour, Clémentine et Juliette ont demandé les sacrements du Baptême et de l’Eucharistie, à l’âge de 8 ans, et leur papa était présent !

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