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Blandine, manager du rassemblement

Par Blandine Babinet, grand-mère

Créer les conditions pour que s’épanouisse la tendresse familiale.

Le général de Gaulle a dit un jour, à la grande surprise de celui qui l’écoutait, que la phrase la plus mélancolique de la littérature française était à ses yeux celle qui ouvrait l’avant-dernier chapitre du livre Les vacances de la comtesse de Ségur : « Les vacances se terminaient, les enfants s’aimaient de plus en plus ».

 Beaucoup de mélancolie, bien sûr, comme toute fin d’une époque heureuse, mais surtout compte rendu parfait de vacances vraiment réussies, constat qui rend heureux grand-pères et grand-mères lorsqu’ils referment leur maison à la fin de l’été.

 Grands-parents d’une famille nombreuse, avec des petits enfants de tous les âges (entre 2 et 27 ans…) nous avons la chance de pouvoir tous nous réunir une dizaine de jours. Tous ou presque bien sûr, la vie n’est pas si simple et les programmes chargés !

 Mon premier rôle, il me semble, pendant ces quelques jours, est de créer les conditions pour que s’épanouisse cette tendresse familiale dont parle la comtesse… Rôle ingrat penserez-vous que celui d’une «  maîtresse de maison » ? Je vais être franche : rôle essentiel, je le crois. Il faut une direction pour que la maison tourne et tous peuvent aider si les directives sont claires. Occasion bien sûr de faire se révéler les talents de chacun dans les rôles assignés ! 

Les vacances 4G

Les vacances familiales ont cela d’exceptionnel qu’elles font cohabiter 3 ou 4 générations. Bonheur de voir le cousin de 20 ans jouer avec celui de 8. Il n’y a qu’en famille où ce soit tellement naturel.

 Les jeux sont des relais formidables pour faire rire l’adolescent malheureux, courir la rondelette, perdre le « vantard », chanter la voix de fausset et mimer le timide…

Pour nous, grand-parents, les journées sont bien pleines et ce n’est pas toujours le meilleur moment pour avoir avec l’un ou l’autre des moments d’intimité. Mais dans une cuisine ou dans un atelier, les mains occupées, le regard absorbé, un échange spontané en dit quelquefois autant qu’une longue conversation dans un canapé ! 

Le désir de moments heureux

Âges différents, idées différentes, niveaux financiers différents…. Une seule « recette », il me semble, pour que les heurts (et non les débats) ne fassent pas vaciller l’harmonie : le désir profond de chacun de faire de ces temps des moments heureux. Quelle attitude pour nous, grand-parents ? 

Discrétion d’abord, confiance ensuite. Facile à dire…  Car la vraie souffrance peut être là, dans ce conflit qui couve et qui éclate. Discrétion encore, confiance toujours. 

Une semaine de vacances, c’est un dimanche ensemble et un dimanche ensemble, c’est une messe ensemble… Tous ensemble ? Dire que nous en serions heureux, choisir un horaire adapté, rappeler la récente première communion ou la future confirmation, prévoir des livres pour les enfants, et puis… confiance.

Une semaine, c’est si court ! Et pourtant on le sait, des souvenirs pour toute une vie. Alors, nous, grand-parents, si cette chance nous est donnée de rassembler nos familles, si nous pouvons remercier enfants et petits-enfants d’être autour de nous et les laisser nous remercier de les accueillir, alors l’année prochaine, nous aurons envie de recommencer ! 

Donnons la parole aux petits-enfants !

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