You are currently viewing Sainte Anne et saint Joachim, aimants et inspirés

Sainte Anne et saint Joachim, aimants et inspirés

Par Annette

Aussi incroyable que cela paraisse compte tenu d’une grande dévotion, dans le Nouveau Testament, rien n’est dit d’Anne et de Joachim, les grands-parents de Jésus. Leur vie est racontée dans un évangile apocryphe[1] très ancien (IIᵉ s), le protévangile de Jacques. Depuis, ce récit a été transmis de bouche à oreilles, conservé dans une tradition de foi, par des chrétiens qui ont prié, médité ces évènements. En témoignent les nombreuses représentations iconographiques et la dévotion populaire[2] autour d’Anne et Joachim.   

Sainte Anne est inscrite au calendrier liturgique de l’Église au XVe, saint Joachim au XVIᵉ. Ils sont réunis en une même fête le 26 juillet, à la suite du Concile Vatican II, comme parents de Marie, mère de Dieu. Récit merveilleux d’une ascendance, celle de Jésus, racontée dans la foi.

Une belle rencontre

Anne, dont le prénom signifie « la grâce » est née à Bethléem. Son père Issachar est au service du Temple et part avec sa famille à Jérusalem où il est nommé. C’est au pied des remparts qu’elle grandit.

Joachim, « Dieu accorde », est un berger de la tribu de Juda, donc de la descendance de David. Il possède de nombreux troupeaux.

Anne est très jeune lorsqu’elle épouse Joachim. Les jeunes mariés sont travailleurs, généreux, pieux et aimés de tous.

Une rupture

Mais les années passent et ils n’ont pas d’enfant qui vienne réjouir leur cœur. Vingt ans après leur mariage, c’est toujours une grande épreuve.

Un jour, Joachim monte au Temple de Jérusalem pour faire son offrande habituelle au Seigneur. Mais le prêtre Ruben le repousse, sous prétexte que, sans descendance, il n’est pas béni de Dieu. Profondément humilié, Joachim n’ose rentrer chez lui et s’en va vivre avec ses troupeaux, dans le jeûne et la prière. Pendant son absence qui dure 40 jours, son épouse Anne, sans nouvelle de lui, se lamente et supplie le Seigneur.

Dans une prière fervente, elle rappelle à Dieu le vœu qu’elle lui a fait, au début de son mariage, de lui consacrer un enfant. Alors, l’ange du Seigneur lui apparait. Il lui promet « une descendance qui fera l’admiration de toutes les nations ». De son côté, Joachim reçoit la visite d’un ange qui lui ordonne de revenir à Jérusalem et lui annonce que sa femme va concevoir une fille qui sera consacrée au Temple.

Obéissants dans la prière et la foi

Obéissant aux annonces célestes, pleins d’espoir et de confiance, Anne et Joachim se retrouvent à la Porte dorée de Jérusalem. Anne se jette au cou de son époux qu’elle croyait mort. Ils font monter vers Dieu une immense action de grâce. Leurs prières ont été exaucées.

Giotto di Bondone, La Rencontre à la Porte Dorée, détail de Joachim et Sainte Anne s’embrassant, vers 1305, Chapelle des Scrovegni, Padoue.

Neuf mois plus tard, Anne met au monde une fille qu’ils appellent Marie. Anne et Joachim la présentent au temple dès l’âge de trois ans pour la consacrer à Dieu, en remerciement du don de sa vie. Anne répond ainsi, dans la foi, aux promesses que Dieu lui a adressées. Sa fille Marie sera, dès sa naissance et sa consécration, mais aussi par l’éducation reçue, « la servante du Seigneur ».

L’éducation confiante de Marie

Du caractère d’Anne ou de Joachim, de leur vie, nous ne savons rien d’autre. Ils sont, d’abord et avant tout, les parents de Marie, la bien-aimée du Seigneur. Ils lui donnent une ascendance humaine, dont le Moyen Âge, en pleine réflexion sur la vie de la Vierge Marie, s’est inspiré.

Les peintres représentent souvent sainte Anne penchée sur sa petite Marie, lisant avec elle la Bible avec application, douceur et affection. Veuve alors que Marie avait quatre ans, à Nazareth où elles étaient venues vivre, elle lui apprit aussi à tisser et à coudre. La tradition rapporte qu’elle fut témoin des fiançailles et du mariage de Marie et Joseph, qu’elle mourut peu après la naissance de Jésus et le retour d’Égypte de toute la famille.

Une représentation « trinitaire »

Contemplons l’œuvre de Léonard de Vinci intitulée Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant Jésus jouant avec un agneau, conservée au musée du Louvre.

Sainte Anne, d’une éternelle jeunesse, tient sur ses genoux sa fille Marie. Cette dernière tend les bras vers son fils Jésus. Lui-même est penché sur un petit agneau, symbole du Christ, de son humilité et de son sacrifice sur la croix.

Anne connaît les attentes, épreuves et souffrances du monde. Elle est tout simplement présente, à l’écoute et prête au service de sa fille et ce tout-petit. On imagine Marie, bien ancrée sur les genoux de sa mère, prête à la quitter pour accomplir la vie qui lui est promise.

Dans ce tableau, plein de mouvement et de délicatesse, le rayonnement des visages montre l’émerveillement devant Dieu qui fait grâce : de Anne « la grâce » à Marie comblée de grâce, de Marie à Jésus, moment de grâce. Laissons-nous attirer dans cet élan de bonheur, même fugace.

En contemplant ces personnages, nous pouvons mieux comprendre notre place de grand-parent, une place universelle que les petits-enfants ouvrent un jour, une place inédite à habiter.

Prier avec sainte Anne et saint Joachim

Fêtés le 26 juillet, sainte Anne et saint Joachim sont les saints patrons des familles, des couples en désir d’enfants, des célibataires. Les marins ont une dévotion particulière pour sainte Anne.

« Fêtons Anne et Joachim, les parents de la Mère de Dieu, par eux nous est venue la bénédiction promise à tous les peuples ». Antienne d’ouverture de la liturgie eucharistique du 26 juillet.

Ils sont sources de bénédiction. Prions-les tout spécialement ce jour-là ou le lendemain 27 juillet:

 « Sainte Anne, saint Joachim, parents de Marie, conduisez-nous vers Jésus ! »

[1] Récit apocryphe : secondaire, qui n’a pas été retenu dans le canon de l’Eglise.

[2] Sainte Anne est spécialement fêtée ce 26 juillet à l’occasion du 400ᵉ anniversaire des apparitions à Sainte-Anne d’Auray – 1625-2025. La troménie sur Anneetjoachim.fr.

Cela vous a plu ? Partagez le !

Laisser un commentaire