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L'Assomption par Le Titien

Représentations de la Vierge Marie dans l’art

Par Nicole BARBEROT

La fête de l’Assomption, le 15 août, célèbre Marie élevée au ciel, corps et âme, dans la gloire de Dieu. Et si cet été, vous alliez, avec vos petits-enfants, à la rencontre de la Vierge dans l’art ? De l’icône byzantine aux vitraux de nos églises, les représentations artistiques de Marie sont riches de sens… Une belle aventure culturelle et spirituelle à vivre ensemble ! 


Vous profiterez peut-être de la pause estivale pour aller visiter avec vos petits enfants l’église de votre lieu de vacances. Une bonne occasion de chercher à voir comment Marie y est représentée.

Ressources pour les enfants 

Le livret « La Vierge Marie dans l’art »  vous permet de partager cet article avec vos petits-enfants : des œuvres à observer, des jeux, des questions et des explications simples pour dialoguer en douceur sur Marie.

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Marie est au monde la femme la plus aimée et la plus priée. C’est pourquoi elle a été très représentée par les artistes (peintures, sculptures, mosaïques, vitraux..) depuis les fresques des catacombes jusqu’à nos jours.

D’après la Tradition, saint Luc aurait même fait le premier portrait de la Vierge.

Nous allons nous intéresser aux représentations de la Vierge Marie indépendamment des épisodes de sa vie.

À chaque fois, l’artiste révèle différentes facettes de Marie qui traduisent soit des vertus (tendresse, humilité, compassion…), soit des vérités dogmatiques (par exemple l’Immaculée Conception), soit des expressions de la dévotion mariale (Vierge au Rosaire). Pour cela, il faut observer l’attitude de Marie, ses gestes, son regard…

Ces représentations ont évolué au cours des siècles sous l’influence des conciles, des théologiens et mystiques ainsi que des courants artistiques successifs.

Parce que vous êtes là pour toujours,

simplement parce que vous êtes Marie,

simplement parce que vous existez,

Mère de Jésus Christ,

soyez remerciée !

Claudel 

 

LES VIERGES À L’ENFANT

La Vierge en majesté


Elle apparait très tôt. À partir du XIe siècle, elle se répand dans toute l’Europe, dont la France, notamment en Auvergne. Elle est de style roman.

La Vierge est assise sur un trône, comme une impératrice, dans une posture frontale et hiératique. Elle sert de trône à l’Enfant. Marie est pour son fils à la fois un trône terrestre et aussi « le Siège de la Sagesse » parce que Jésus est figuré avec les traits d’un petit adulte, le Fils de Dieu.

Marie est célébrée comme la « Mère de Dieu » depuis le concile d’Éphèse en 431.

Le visage de Marie ne laisse transparaitre aucune émotion : elle frappe par son austérité. L’enfant Jésus, drapé dans une tunique, tient souvent dans ses mains un livre qui signifie qu’il est la Parole de Dieu incarnée.

 

 

 

La Vierge de tendresse

Aux XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, la dévotion à Marie s’amplifie. Les ordres monastiques se mettent sous sa protection et de nombreuses églises sont consacrées à Notre-Dame.

Les formes évoluent pour donner naissance aux Vierges de style gothique : La Vierge, légèrement hanchée, est debout, tenant le Christ, le regardant ou le montrant. Marie est habituellement couronnée, car elle est placée au-dessus de toutes les créatures : elle est « la Reine des cieux ». L’accent est mis sur le rayonnement de l’amour qui unit la mère et le Fils. Marie se montre comme un être très accessible qui nous conduit au Christ.

Ces Vierges ont été influencées par les icônes byzantines qui nous donnent de Marie l’image d’une mère pleine de tendresse : observons la façon dont elle tient son enfant, blotti contre elle, les deux joues qui se touchent et le regard de Jésus tourné vers sa mère. Marie, elle, regarde celui qui la contemple et l’invite à participer à cet élan d’amour.

 

LA VIERGE DE MISÉRICORDE

ou Vierge au Manteau

 Très répandue au XVᵉ siècle. La Vierge est représentée très grande, debout, de face. Ses bras soulèvent les pans de son manteau, accueillant et enveloppant tous les fidèles qui viennent se réfugier sous son manteau protecteur.  Agenouillés à ses pieds, ils la prient, les mains jointes, l’implorant d’intercéder auprès de son Fils. Le corps de Marie dessine une croix à l’image de celle par laquelle son Fils a vaincu la mort.

 

LA VIERGE DE PITIÉ OU PIETA  (en italien)

Apparue au XIVᵉ siècle.

Elle est la représentation de Marie tenant sur ses genoux le corps de son Fils Jésus-Christ au moment de la descente de croix avant la mise au tombeau.

Marie ressent dans sa chair la souffrance de son Fils. Son regard et sa bouche entrouverte montrent sa douleur. Elle retient son fils qui a encore sa couronne d’épines et nous laisse voir les marques de la crucifixion afin de méditer sur les souffrances que Jésus a endurées pour nous sauver.

LA VIERGE DE L’IMMACULÉE CONCEPTION

Le dogme de l’Immaculée Conception qui reconnait que Marie, dès sa conception, a été préservée de toute tache du péché originel, a été prononcé le 8 décembre 1854, mais cette conviction a accompagné le peuple chrétien dès le début de la foi.

C’est surtout à partir du XVIIᵉ siècle que les peintres, notamment les espagnols, réalisent beaucoup de tableaux dans lesquels certains symboles sont toujours présents. Marie est représentée jeune, les mains jointes en prière, s’élevant dans le ciel, en appui sur des têtes d’angelots, debout sur un croissant de lune (elle domine le temps) avec au-dessus de sa tête une couronne de 12 étoiles (en référence aux 12 tribus d’Israël et aux 12 apôtres, unissant ainsi Marie à toute l’Église).

Elle est souvent vêtue d’une robe blanche (symbole de pureté) et d’un manteau bleu (symbole d’éternité). Elle écrase parfois le serpent, le mal.

Nous te saluons, ô toi Notre Dame,

Marie Vierge Sainte que drape le soleil

Couronnée d’étoiles,

la lune est sous tes pas

En toi nous est donnée l’aurore du salut

 

LA VIERGE AU ROSAIRE

 « Réciter le Rosaire c’est contempler avec Marie le visage du Christ. »

Le nom rosaire vient du latin rosarium : il désigne la couronne de roses dont on couronnait la statue de la Vierge Marie.

C’est au XIIᵉ/XIIIᵉ siècle, au moment du grand essor de la dévotion mariale, que sont nés le chapelet et le Rosaire,  notamment sous l’influence de saint Dominique. À cette époque, ils ont été particulièrement récités pour lutter contre la diffusion de l’hérésie cathare.

Ce sont fréquemment alors les Dominicains qui ont commandé auprès des peintres les représentations de Marie offrant le rosaire à saint Dominique, le fondateur de l’ordre des prêcheurs, parce que, selon la tradition, la Vierge Marie lui est apparue lui demandant de prier le saint Rosaire.

Les nombreuses apparitions mariales ont confirmé l’importance de réciter cette prière. Les Saints et les Papes l’ont prié et encouragé fortement sa récitation pour les fruits qu’il porte.

LE RETABLE DE TITIEN

Installé sur le maître-autel de la basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari à Venise, réalisé entre 1516 et 1518, chef-d’œuvre éclatant de couleurs vives (rouge, bleu, or) et de lumière !

Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme au ciel.  Elle est accueillie par Dieu le Père dans la gloire céleste.

Dans ce tableau de Titien, contemplons Marie qui se dresse sur les nuages, resplendissante.  Ses mains ouvertes vers le ciel expriment qu’elle est disponible à la grâce de Dieu.

Enveloppée d’une robe rouge éclatante et d’un manteau bleu qui s’enroule autour d’elle, elle semble flotter dans les nuages, soulevée par une multitude d’anges. Ces anges paraissent très joyeux, certains jouent même de la musique.

Dieu le Père, enveloppé d’un manteau rouge, se prépare à accueillir Marie les bras grands ouverts.

À sa droite, un ange porte une couronne verte, symbole de la terre, tandis qu’à gauche un autre ange soutient une couronne d’or, symbole du ciel : Marie, Reine du Ciel et de la Terre. Les apôtres, en bas du tableau, sont surpris, agités et stupéfaits de ce qui se passe.

En regardant ce tableau, nous avons l’impression de participer à ce moment extraordinaire. Pour le célèbre musicien Félix Mendelssohn« L’Assomption de la Vierge du Titien est l’œuvre la plus divine que main humaine ait jamais réalisée… »

En contemplant ces différentes représentations de la Vierge, chacun aura pu découvrir, par Marie, un chemin vers Dieu. Belle fête de l’Assomption !

Défi des petits-enfants… avec la complicité des grands-parents 

Envoyer une photo de Marie telle qu’elle est représentée dans l’église du lieu de vacances, à contact@grandsveilleurs.org.  Elle illustrera un prochain article !

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Le livret « La Vierge Marie dans l’art »  vous permet de partager cet article avec vos petits-enfants : des œuvres à observer, des jeux, des questions et des explications simples pour dialoguer en douceur sur Marie.

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