
Par Philippe Laplane, diacre
Dans votre désir de partager votre foi à vos petits-enfants, il m’apparaît essentiel de parler de la relation personnelle que Jésus Christ souhaite avoir avec chacun de nous. Et les récits de rencontres de Jésus dans les évangiles sont tout à fait adaptés à entrer dans la richesse de cette relation.
Marc nous décrit la rencontre de Jésus et Bartimée en Marc au chapitre 10, versets 46 à 52. Prenez le temps de lire lentement ce texte avec eux, deux fois. Il s’agit ensuite de les aider à entrer en dialogue le texte pour qu’ils puissent y trouver ce qu’il leur dit aujourd’hui. En suivant les étapes du récit, posez des questions ouvertes sur ce qui s’y passe, sur les attitudes des personnages, sur les paroles prononcées.
Vous pouvez vous aider des quelques réflexions ci-dessous pour orienter votre dialogue avec eux.
La situation de Bartimée : solitude et obscurité
Bartimée est dans une situation difficile. Il est seul, il est au bord du chemin, il ne voit pas.
Je peux faire l’expérience de cette solitude, l’expérience de me sentir rejeté ou mal aimé, l’expérience de ne pas voir, de ne pas comprendre ce qui m’arrive.
Le cri vers Jésus : oser appeler malgré les obstacles
Bartimée entend une foule qui passe, et il apprend que Jésus est dans cette foule. Il n’hésite pas à crier vers lui.
J’ai entendu parler de Jésus, je peux me tourner vers lui et crier ma détresse. De la même façon que des personnes tentent d’arrêter Bartimée de crier vers Jésus, il peut y avoir en moi une tentation de renoncer à crier ma détresse vers Dieu : je ne suis pas digne de m’adresser à Lui ; Il ne m’entendra pas ; je ne sais pas Lui parler.
Jésus s’arrête et appelle Bartimée
Jésus, lui, est attentif : il a dû entendre les cris de Bartimée et s’arrête. Et il demande à ses disciples de l’appeler.
Jésus, par son attitude, par sa vie, nous révèle qui est Dieu. Je crois que Dieu se soucie de chaque homme : le projet de Dieu est de faire de tous des enfants bien-aimés, réconciliés avec eux-mêmes, réconciliés avec Lui, réconciliés entre eux.
Ainsi Jésus est tourné vers moi, Il peut me faire venir à Lui si je consens à un déplacement intérieur, si je prends la décision de Lui faire confiance.
Le bond de confiance : jeter son manteau
Bartimée est touché par l’appel de Jésus : alors qu’il est encore aveugle, il jette son manteau, bondit et court vers Jésus : c’est un grand signe de confiance : sans voir Jésus, Bartimée s’élance vers Lui.
Dieu nous propose son Amour, qui est participation à sa vie divine : pour entrer dans ce royaume d’Amour, il faut une décision de ma part. Comme Bartimée jette son manteau comme signe de rejet de sa vie d’avant, je dois me défaire de ce qui me retient dans le noir, ce qui me retient à l’écart. Cette décision peut nécessiter de relire ma vie pour être au clair avec cela. Je peux alors joyeusement décider de me rapprocher de Jésus.
Le dialogue personnel : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
Jésus s’adresse à Bartimée en lui demandant ce qu’il veut qu’II fasse pour lui, alors qu’on pourrait imaginer que Jésus sait comme une évidence que ce dont a besoin Bartimée est de retrouver la vue.
Jésus ne m’impose pas sa volonté. Il me propose un chemin de vie, un chemin d’épanouissement, un chemin dans la lumière. Mais plus encore, Jésus m’invite à regarder en moi. Il m’invite à découvrir que je possède, en mon être, un désir profond. Ce désir profond, désir de vivre en paix, désir d’ouverture à l’autre, a été mis en moi par Dieu lui-même. Dieu m’a créé à son image, c’est-à-dire, ouvert à la Vie. Jésus nous invite donc à découvrir, à faire grandir, ce que Dieu a déposé en moi.
Exprimer son désir profond
Bartimée exprime son désir profond : en appelant Jésus par un titre marquant un grand respect « Rabbouni » (qui veut dire « mon maître »), il demande à retrouver la vue. Pour lui, il ne s’agit pas simplement de guérir d’une maladie : il s’agit de pouvoir être réintégré au sein d’un groupe, de pouvoir envisager un avenir plus radieux.
Je peux dans ma prière à Jésus lui demander ce que je veux changer dans ma vie. Ce ne sera pas toujours une demande d’un changement radical de vie, il peut s’agir de faire bouger quelque chose en moi qui me tient à cœur, dont je sens qu’elle n’est pas totalement adaptée à une vie bonne avec mes proches. Je dois trouver les mots pour dire à Jésus comment je veux vivre plus avec lui, en sa présence, pour qu’il me guide par son Esprit.
La guérison et le salut : suivre Jésus sur le chemin
Jésus adresse ses paroles à Bartimée : « Va, ta foi t’a sauvé. ». Bartimée retrouve la vue et suit Jésus sur le chemin.
Jésus me sauve de mon obscurité, me sauve de ma rancœur, me sauve de mon péché. Comment le fait-Il ? Après m’avoir appelé à me lever, Jésus m’envoie, il veut que je Le suive. Il le fait en me demandant de reconnaître que son action ne peut se faire sans ma foi. Ma foi, c’est la confiance que je place en Dieu pour me transformer spirituellement.
Jésus nous ouvre à une réflexion sur le salut
Qu’est-ce qu’être sauvé ? Jésus sauve le monde en venant dans l’histoire de l’homme pour révéler qui est Dieu : Père, Fils et Esprit-Saint, et en donnant sa vie pour nous. En assumant toute notre humanité, en nous rejoignant toutes les réalités de notre vie, Il nous ouvre la voie pour trouver Dieu en toutes choses. Être sauvé c’est donc vivre dès aujourd’hui de la vie des enfants de Dieu, cette vie qui est participation à sa divinité, cette vie intérieure qui nous permet de nous épanouir et de vivre en frères tous ensemble.
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