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Marie-Madeleine, premier témoin

Nous avons choisi Marie-Madeleine pour entrer dans ce grand mystère de la résurrection du Christ. Marie-Madeleine a de multiples visages successifs : souffrance extrême, désespoir, incompréhension, stupeur, à nouveau incompréhension, espoir, joie extrême. Elle est un cœur qui bat la chamade, une intelligence qui s’éclaire, des mains qui se tendent. Le matin de Pâques, le Christ ressuscité lui apparaît et lui demande de témoigner à tous de la joie de le savoir vivant.

Annette

Marie-Madeleine, qu’as-tu à nous dire ?

On m’appelle Marie-Madeleine, mais aussi parfois Marie de Magdala ou tout simplement Marie. Je viens de la ville de Magdalan, au bord du lac de Tibériade.
Ma vie a été chaotique, j’étais sous l’emprise de 7 démons. Mais Jésus m’en a délivrée. Je peux dire que j’ai été sauvée par Jésus et je suis devenue une amie et une disciple du Seigneur. Avec ma sœur Marthe, je l’ai accueilli chez moi ; avec les Apôtres et quelques autres femmes, je l’ai suivi sur les routes quand il partait proclamer le Royaume. J’étais au pied de la croix quand il a été crucifié. J’étais aux côtés de sa mère quand il est mort et qu’elle l’a reçu dans ses bras avant son ensevelissement. Et j’étais présente également lors de sa mise au tombeau, aux côtés de Joseph d’Arimathie et de Nicodème, un soir de Sabbat. Jésus m’avait en effet confié la mission de sa sépulture.

Et voilà ! Je suis le premier témoin de sa Résurrection.

Revenons à ce matin inoubliable, selon le récit de saint Jean Jn 20, 1-18

 Évangile de Saint Jean

Jn 20, 11-18

Marie-Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.

Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.

Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »

Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.

Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »

Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »

Jésus lui dit alors : « Marie ! »

S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.

Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Marie-Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Si Marie-Madeleine nous racontait avec ses mots 

Aux premières lueurs du jour, le matin de Pâques, je suis venue avec des onguents pour embaumer le corps de Jésus avant sa sépulture définitive. Nous n’avions eu ni le temps ni l’autorisation de le faire la veille. Quel effroi, quelle stupeur de voir le tombeau vide ! Qu’avait-on fait de mon Seigneur ? Où son corps avait-il été emmené ? Je suis partie prévenir nos amis. Puis, je suis revenue près du tombeau. Il me fallait revenir à l’endroit où nous l’avions déposé. Une force m’y poussait. Je pleurais toutes les larmes de mon corps. En levant la tête, j’ai vu des êtres qui me parlaient, mais j’étais trop interdite pour leur répondre. C’est en me retournant que j’ai vu un homme. Peut-être savait-il quelque chose ?

C’est quand il a prononcé mon nom que j’ai reconnu celui que je prenais pour un jardinier. Jésus, que j’avais vu mort, était vivant !

C‘était incroyable ! Je voulais m’en assurer, le toucher, l’embrasser ! Je ne réalisais pas vraiment ce que cela voulait dire. Je voyais juste qu’il était là, devant moi, vivant.

Je ne voulais pas le quitter, mais Jésus a insisté. Il fallait que je coure au-devant de lui pour raconter à nos amis ce que j’avais vu. Il m’a demandé d’annoncer à ses apôtres qu’Il était ressuscité et que je l’avais vu de mes yeux. C’est pourquoi on m’a appelée Apôtre des apôtres.

Aujourd’hui mon témoignage est écrit dans les évangiles, comme celui d’autres témoins après moi.

Sinon, qui pourrait vraiment croire en sa résurrection ?

Lecture d’image : des mains qui parlent !

Avec nos petits-enfants, contemplons ce tableau d’un grand maître italien, Fra Angelico, et qui s’intitule : « Noli me tangere ».

Nous voyons deux personnages, Marie-Madeleine et Jésus, reconnaissable à son auréole crucifère, symbole de sa Passion et sa Résurrection. C’est le matin de Pâques et Marie-Madeleine rencontre le Christ ressuscité. Quel incroyable moment ! Un moment qui l’habitera le reste de sa vie.

Elle est habillée de rouge, couleur chaude de l’amour. Il est drapé de blanc, couleur du linceul avec lequel il a été enseveli.

Que voyons-nous au centre du tableau ? Le jeu des mains.

Les mains de Marie-Madeleine tentent un geste vers Jésus, comme pour le toucher, s’assurer qu’il est bien vivant, le retenir peut-être ?

De sa main droite, Jésus, dans un geste doux accompagné d’une parole amicale, l’arrête et l’avertit : « Noli me tangere – Ne me retiens pas », disent les Évangiles. Il semble en marche, ses pieds en mouvement, marqués des stigmates de la Passion. Il voudrait que Marie-Madeleine le précède pour annoncer aux apôtres la joie de sa résurrection.

« Va ! » disent ses mains qui ont béni, guéri, relevé, consolé. « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Une certaine paix et une grande douceur se dégagent de ce tableau. Laissons cette paix nous rejoindre dans la contemplation de l’œuvre. Laissons nos mains s’élever avec notre chant : Alléluia !

→ En 2016, le pape François a érigé au rang de fête le 22 juillet, en la mémoire de Marie de Magdala, afin de célébrer  « l’apôtre des apôtres », selon la formule d’Hippolyte de Rome.

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Cette publication a un commentaire

  1. De Chaisemartin

    On suit l histoire de Marie Madeleine avec plaisir!

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