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Accueillir les petits-enfants qui ne sont pas les nôtres. Quelle posture éducative  ?

Famille recomposée :  comment accueillir des petits-enfants qui arrivent par un autre chemin ? Témoignage courageux et sans détour de Jean, grand-père.

Arrivent ma fille avec ses deux enfants -mes petits-enfants- suivie des deux enfants de son compagnon. J’éprouve immédiatement un sentiment de gêne. J’embrasse affectueusement , plus affectueusement peut-être que d’habitude, mes petits-enfants, et dépose avec difficulté un baiser sur le front des deux autres. Ils m’appellent du même nom que mes petits-enfants: ma froideur en réponse leur signifie qu’ils se sont emparés de ce qui ne leur appartient pas.

Un accueil qui révèle mes contradictions

Pourquoi cette différence de regard sur des enfants qui somme toute se ressemblent? Pourquoi ce sentiment que deux d’entre eux sont des étrangers, intrus illégitimes dans l’intimité de mon cercle de famille ?

N’ayant aucune légitimité à leur égard, je ne suis habité par aucun souci éducatif: me voici réduit au silence, la moindre remarque éducative me ferait passer pour un redresseur de tort, il manque la relation filiale; et je ne peux pas traiter différemment mes petits-enfants qui ne comprendraient pas la discrimination; des remarques, à table en particulier, qui pourtant les aideraient à grandir dans le respect de l’autre.

La raison contre l’instinct

Tout ceci est instinctif, irraisonné. La raison me dit au contraire que ces deux enfants sont innocents, qu’ils sont eux-mêmes victimes de la séparation de leurs parents et perçoivent de manière aigüe le caractère bancal de cette recomposition; qu’ils méritent précisément un surcroît d’affection…Et pourtant je ne peux pas faire comme s’ils étaient miens, dans une espèce de confusion pseudo-affective qui brouillerait les repères et voudrait nier la réalité de l’histoire différente de ces quatre enfants; une fiction rassurante, en somme…

Faut-il traiter tous les enfants de la même façon ?

Comment ne pas occulter cette réalité, dont l’acceptation seule peut leur permettre de se construire solidement, et ne pas les blesser encore en les traitant comme des étrangers? Ou blesser mes petits-enfants par une égalité de traitement de façade ?

De petites choses peut-être: qu’ils ne me nomment pas comme me nomment mes petits-enfants? Est-ce possible? Avoir des moments privilégiés avec mes seuls petits-enfants? Ou bien surtout changer en profondeur mon coeur ?

Vers une nouvelle façon d’ouvrir les bras

C’est un chemin difficile sur lequel j’avance pas à pas; percevant de manière encore confuse qu’il y a là un enjeu concret: comment me faire proche de l’enfant qui vient d’ailleurs ?

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