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Nos petites résurrections familiales

Nos petites résurrections familiales.

par Anne Gavini

 

La vie de famille est faite de hauts et de bas, de chamailleries et de pardons. Comment surmonter ces difficultés et passer de la mort à la vie ?

 3 clefs pour vivre ces petites résurrections du quotidien.

La parole est d’or, le silence est pesant.

 Combien de situations familiales ou conjugales s’enkystent sur des malentendus, des non-dits, des silences pesants. « Je ne veux pas blesser, je ne lui ai jamais dit ce que j’avais sur le cœur… ». Les grands-parents ont un atout majeur : le recul. Lorsqu’ils repèrent une difficulté entre leurs petits-enfants, il est bon de prendre le temps d’en parler avec eux ouvertement.

Un cœur à cœur pour Augustin

Odile est grand-mère de plusieurs petits enfants. Augustin, 7 ans, passe ses mercredis chez Mamoune avec d’autres cousins. De jour en jour, Odile voit Augustin se renfermer et s’interroge. Les parents ne constatant rien de tel à la maison, Odile comprend qu’il se passe quelque chose chez elle et interroge son petit-fils… qui lui avoue se sentir moins entendu que les autres enfants, plus jeunes. « Sans m’en apercevoir, je m’occupais davantage des petits et organisais la journée sur leur rythme, plus que sur celui d’Augustin ». Odile décide alors de lui dédier un temps spécifique, et prévoit maintenant chaque mercredi une activité qu’il fera seul avec sa grand-mère. Pour Augustin, il s’agit d’un immense cadeau, celui de l’attention. En faisant le pas de comprendre son langage de l’amour, Odile a su redonner le sourire à son petit-fils.

Changer de méthode sans changer de cap

 « Chez Mamoune, on fait comme ça ». Nombre de grands-parents décident de mettre un cadre propre à l’accueil des petits-enfants, permettant ainsi à chacun de partager les règles de vie commune.

Lorsqu’on accueille plusieurs enfants de fratries différentes, et dont les habitudes de vie varient, il peut sembler utile d’harmoniser le séjour chez les grands-parents autour d’un cadre propre. Néanmoins, les passages d’un foyer à l’autre peuvent être difficiles à vivre pour certains enfants. Il est important alors de savoir assouplir les règles et les adapter à chacun en fonction des spécificités des petits-enfants.

Angèle et l’art de la souplesse

Angèle a 7 petits enfants de 2 familles différentes. Chez elle, le sacro-saint moment de la sieste est un temps de repos pour tous, petits et grands. Sa belle-fille lui confie ses enfants, habitués à un temps de pause qui ne prend pas forcément la forme d’une sieste. Lorsqu’ils sont chez leur grand-mère, les enfants se sentent punis d’être enfermés dans le noir sans pouvoir fermer l’œil. Certains se taisent en silence, d’autres pleurent et réveillent les cousins, privant ainsi tout le monde d’un vrai temps de repos.

Pourquoi alors ne pas se contenter d’exiger un temps calme, en autonomie pour les plus grands, crayons et livres dans les mains, plutôt que d’imposer un rituel inapproprié pour certains ? Revenir au sens de nos règles de vie permet de respecter chacun.

Les étiquettes, c’est pour les confitures !

Rien de plus enfermant que de se savoir étiqueté en famille : le râleur, le gourmand, le capricieux, le serviable…

C’est probablement un poison fréquent dans les familles : celui de la mise en boite. Dans mon expérience de thérapeute, je reçois de nombreux enfants dont les blocages sont hérités de paroles blessantes ou limitantes qui les enferment dans des comportements inappropriés. Prendre le risque de changer peut parfois même déséquilibrer une dynamique familiale. L’on voit ainsi des adultes enfermés dans des représentations héritées de l’enfance qui les empêchent de se déployer. 

Un enfant qui profère des mensonges n’est pas un menteur. Un enfant qui a chipé un jouet ou un gâteau n’est pas un voleur. Nos enfants et petits-enfants ont besoin que nous leur laissions la possibilité de changer, d’expérimenter des comportements nouveaux. Les grands-parents dans ces situations ont le recul nécessaire pour aider leurs enfants à porter un regard différent sur leurs propres enfants.

La miséricorde, que nous sommes appelés à vivre, est précisément cette capacité à reconnaitre notre pauvreté de jugement pour redonner à l’autre une vie nouvelle. Être miséricordieux, c’est recréer de la vie là où elle est en train de s’éteindre, c’est dire à un enfant : « je sais que tu ne te réduis pas à cela, j’ai confiance en toi. »

À vin nouveau, outre neuve : qu’une vie nouvelle vienne se nicher au sein de nos familles, dans le cœur de chacun. Et alors ce sera Pâques tous les jours ici !

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Cette publication a un commentaire

  1. Valérie Ranger

    Ça va être un bon soutien dans notre relation de grands-parents ! Merci.

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